Taiji Quan, l’art du mouvement unique

Style Yang, style Chen, style Wu ou Sun ; florilège des styles Wudang ! Formes 13 ou 24, 42 et 85; laojia yi lu, er lu, xin jia, hunyun ! Et puis encore l’épée, le sabre, la lance et l’éventail !

Quels trésors infinis de la pratique du Taiji !

Pourtant, au centre de toutes ces pratiques, une seule règle fondamentale. Fang song 放松. Relax.

Et on pourrait s’arrêter là. En effet, aller au bout de la relaxation en taiji – c’est à dire debout, dans le mouvement – fait naître toutes les autres règles qui ont pu être énoncées, notamment dans le Taiji Quan Jing.

Un mouvement relax est un mouvement qui retrouve le naturel perdu.

Le retour au naturel n’est il pas le mot d’ordre des taoistes?

Un mouvement relax, qui retrouve son naturel, est un mouvement qui part des pieds, se déroule tout le long du corps, est transmis par les hanches et s’epanouit dans les doigts.

Il puise sa force dans la terre, et déploie une légèreté céleste dans l’accomplissement de la vraie nature de l’homme.

Alors que je passais des mois à m’entraîner en Chine – je ne parlais pas encore chinois – mon maître ne me disait que deux mots, avec le peu d’anglais qu’il connaissait. Inlassablement, seulement deux mots. Puis parfois il pestait tout seul en chinois et je n’y comprenais plus rien, mis à part que j’avais apparemment encore beaucoup de travail !

Ces deux mots, c’était : relax ! 放松! Et : natural ! 自然。

Tout était là. Si simple mais si difficile!

Le travail des mouvements de base est un temps décisif et central dans la pratique du Taiji Quan. Répéter, répéter, répéter, encore et encore, afin de retrouver ce mouvement naturel, ce déroulé de bas en haut. Répéter afin d’affiner la puissance potentielle de chaque mouvement, lorsque, en en faisant le minimum, on obtient le maximum.

Travailler un mouvement. Puis travailler mille mouvements. Dans les mille mouvements, toujours la même essence. Essence raffinée. Épurée. Le mouvement unique.

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